Afro-culture,  Roman

Une vie de Boy – Ferdinand OYONO

Dites moi, quel est le dernier livre de l’année 2020 que vous avez lu? Pour moi , il s’agit du livre Une vie de Boy de Ferdinand OYONO. Après avoir aimé  le vieux nègre et la médaille , j’ai eu envie de découvrir un peu plus l’univers littéraire de cet auteur camerounais. 

 

 

Résume de Une vie de boy

Un jeune Noir élevé par un Père Blanc a pris, à l’instar de son maître, l’habitude de tenir un journal. Dès lors, il enregistre tout ce qui se passe dans le milieu des colons où, à la mort du Père Blanc, il est devenu le « boy » de l’administrateur des colonies, le « commandant » de l’endroit. Rien ne lui échappe. Il découvre deux mondes nouveaux, foncièrement différents, aveuglés par leurs préjugés, et amenés à coexister : le Quartier Noir, un village pauvre dans la ville, la Résidence, une ville opulente où vivent les Blancs.

 

Mon avis

Une vie de boy est  le journal intime de Toundi Ovonda , un jeune Camerounais Maka par sa mère et Ndjem par son père  qui à cause de la violence de ce dernier , a dû fuir la maison pour se réfugier chez le père Gilbert.Au tout début de son journal , nous vivons à travers ses écrits la période où il était boy (personnel de ménage) chez le prêtre catholique Gilbert grâce à qui il a apprit à lire et à écrire. A la mort de ce prêtre , il avait été considéré comme martyr lors de ses obsèques car il avait laissé sa vie en Europe pour venir mourir en Afrique en sauvant les âmes des indigènes.  Le destin de Toundi change donc de façon brutale car il devient le roi des boys en travaillant pour le commandant des blancs et se retrouve à vivre des situations qui le conduisent peu à peu vers sa mort.

L’histoire se passe peu avant les indépendances africaines  si on en croit la date de parution du livre (1956). L’auteur nous incite à nous poser des questions sur la légitimité de l’église catholique à cette époque car ses représentants s’adonnaient parfois à des actes racistes sur les chrétiens noirs lorsque ceux ci n’étaient pas assidus à la liturgie. Une vie de boy nous décrit  la suprématie de la race blanche durant ces années qui  n’hésitait pas à humilier  leurs boys noires juste à cause de leur couleur de peau.

J’étais déçue de la fin de ce livre jusqu’à ce que je me rende compte ( et figurez vous que c’est en écrivant cette revue) que la fin  se trouve au tout début du livre.Pour vous dire à quel point  ce livre est  particulier . Les scènes autour de la vie de boy où ceux ci s’amusaient parfois à donner des surnoms drôles à leur maître, à critiquer les façons de faire de ces derniers m’arrachaient toujours un sourire aux lèvres. L’amour, l’entraide et la solidarité dont faisaient preuve les boys malgré l’enfer qu’ils vivaient rendent la lecture agréable et permettent de dissiper le sentiment de frustration qu’on obtient lorsqu’on lit les passages  de reprimandes des colons.

 

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